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Chevauchées Lyriques – Presse / Commentaires


Papageno à dada
par Laurent Bury


Etrange disque que celui-ci, déconcertant dans sa présentation comme dans son contenu. Celui qui se fait désormais appeler L’Oiseleur des Longchamps connut dans la dernière décennie du XXe siècle un début de carrière intéressant : de son vrai nom Jacques-François Loiseleur des Longchamps, ce baryton fut notamment l’une des trois Parques dans l’Hippolyte et Aricie enregistré en 1994 par Marc Minkowski, et le créateur français du rôle-titre de l’opéra de Britten Owen Wingrave à l’Opéra-Comique en 1997. Depuis, le temps a passé, le personnage a touché à tout (cinéma, photographie, mise en scène) et le voilà qui revient avec un CD où s’exprime son amour des équidés.

Ces « chevauchées lyriques » ont le grand mérite de nous faire entendre des mélodies françaises rarement interprétées et rarement enregistrées, en s’aventurant même dans la musique contemporaine : il est bon d’avoir osé une mélodie d’Olivier Greif (1950-2000), et d’en avoir commandé deux, l’une, gentillette, à Frédérico Alagna, le « frère de », et l’autre, beaucoup plus intéressante, à Patrick Loiseleur, dont on peut supputer qu’un lien de parenté l’unit au baryton. Plus étonnant, le télescopage avec la chanson populaire : Hugues Aufray et les Rolling Stones côtoient ici Debussy et Déodat de Séverac, et il n’est pas sûr que le rapprochement soit des plus réussis. L’enchaînement est difficile lorsqu’on passe du piano cavalcadant de Duparc sur un poème de Sully-Prudhomme (belle prestation de Mary Olivon) à la guitare accompagnant « Le petit cheval blanc » de Brassens, « récitation » de Paul Fort jadis très prisée dans les maternelles. D’autant plus que l’accompagnement se déhanche peu à peu sur un rythme quasi rock n’roll, en décalage total avec le ton guindé de « L’Oiseleur des Longchamps ».
Ce Papageno du turf a d’indéniables qualités, notamment une diction un peu à l’ancienne, un art de la déclamation qui permet à l’auditeur de se dispenser du livret d’accompagnement, une théâtralisation extrême qui arrache ces mélodies aux salons pour lesquels elles ont été conçues. Hélas, la voix bouge beaucoup, et l’on remarque d’emblée le vibrato prononcé d’un interprète pourtant encore jeune. Le problème est moins sensible dans les mélodies rapides, évidemment, et dans les textes les plus fébriles. C’est parfois l’aigu qui se décolore un peu, dans ces plages susurrées, la bouche apparemment collée au micro (on entend quand même grincer le plancher). A l’inverse, certains airs sont chantés avec une vigueur réjouissante, comme l’ariette militaire du premier actedes Dragons de Villars d’Aimé Maillart (1856).
Lorsqu’il aborde le lied, L’Oiseleur préfère sagement le « Roi des Aulnes » dans la version de Carl Löwe, où il trouve à manifester ses dons d’acteur sans avoir à souffrir de la comparaison avec les interprètes éminents de l’Erlkönig schubertien. On pardonnera au chanteur de ne pas être également à l’aise dans les cinq langues dans lesquelles il s’exprime sur ce disque (français, allemand, sicilien, espagnol, anglais), présenté comme le « volume 1 » d’une série qui ne fait que commencer. A suivre, donc, pour d’autres découvertes chevalines.

Jacques Duffourg & Etienne Muller / APPOGGIATURE / 16.01.12

En piste avec Schubert, Revueltas, Frédérico Alagna et les… Rolling Stones. Partout ici, y’a de de la joie ! Exercice à la mode, un brin racoleur, le cross-over se révèle un genre périlleux, de haute voltige même. Beaucoup d’artistes aiment taquiner la chansonnette : pro memoria, Pavarotti and friends avec Bono ou des Spice Girls, l’ineffable Montserrat en duo avec le fringant Freddy… L’immense Cesare Siepi lui même y succomba, comme Alagna (Roberto) de nos jours. Et encore, l’éclectique Anne Sofie Von Otter, sans doute la recordwoman du genre : Christmas at home, Elvis Costello, Abba – puis tout récemment Brad Mehldau… Marcher sur tous les chemins, pourquoi pas ? Mais pas sans risque : malgré d’incontestables gemmes, trop de résultats se sont avérés discutables, mitigés ;  et n’ont  rien ajouté à la gloire des chanteurs.
Le baryton L’Oiseleur des Longchamps, montant sur ses grands chevaux, peut s’enorgueillir pour sa part d’avoir remporté haut la note son pari : il nous offre dans ce CD Hybrid Music une passionnante et originale thématique autour du cheval – la plus noble conquête de l’homme étant une de ses passions. Le livret louange d’ailleurs chaleureusement sa fidèle monture, Son Altesse Équinissime Émir du Rû de la Brousse. Quel récital insolite, surprenant, foisonnant ! Émouvant même : la coexistence de mélodies “sérieuses” et de chansons populaires y coule en effet de source, elle est l’évidence même. L’Oiseleur tutoie Duparc, Saint-Saëns, Chausson, Brassens, Aufray, Chopin… avec aisance. Récusant toute facilité et artifice, il distille une exquise poésie servie par sa voix ductile, agile, aux inflexions tendres et suaves. Timbre aurifère et émission franche : ce Liedersänger attachant ose de subtiles et impalpables  nuances, voire un pianissimo mezza voce (Cancion de Cuna de Revueltas). Il est un roi  qu’on salue bien bas au passage, au point qu’il faudrait citer toutes les mélodies de ce recueil !  À commencer par les envoûtantsCentaures de Patrick Loiseleur (d’après Marguerite Yourcenar), et bien sûr le regretté Olivier Greif, autre génie protéiforme et singulier, à la mémoire duquel L’Oiseleur est visiblement très lié. Souvenons-nous du brillant et passionnant concert du 7 janvier au Conservatoire de la Rue de Madrid, mettant à l’honneur ce compositeur trop tôt disparu ; auteur d’un cycle post-romantique, tourmenté, voire torturé, d’après Heinrich Heine.
Du présent album, plusieurs autres perles ont enchanté notre oreille : le Petit cheval blanc de Brassens, la burlesque comptine d’Aimé Maillard, les Dragons de Villars, entre Offenbach et un certain Honegger – celui du Roi Pausole – caustique à souhait. Sans omettre la première plage, une mélodie sicilienne aux tonalités rugueuses, âpres et pourtant évanescentes, signée

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Jérôme Pesqué ODB Magazine / 02 11 11

Voici sans doute le programme de Cd le plus étonnant de la saison !
Jacques-François L’Oiseleur des Longchamps, allie ici ses deux passions (musique et chevaux) et nous livre un disque rare qui alterne les styles les plus divers : l’opéra-comique (Les Dragons de Villars), la mélodie française (Debussy, Duparc, Chausson, Saint-Saëns, Séverac), le lied (Schubert, Loewe, Schumann), la chanson française (Brassens, Aufray) et sicilienne (F. Alagna), le rock (Rolling Stone) et le contemporain (Greif, Patrick Loiseleur).
Si la chanson s’accomode mal de la sophistication innée de l’interpréte, L’Oiseleur sert son programme, tout en constrates de couleurs d’âme, avec un sens du texte, une clarté de diction, une intense expressivité et un engagement émotionnel total qui emportent l’adhésion.
Accompagné au piano (M. OLivon), à la guitare (M. Scala, F. Alagna) ou à la guimbarde (F. Alagna), il passe avec une belle dextérité d’un climat à un autre en nous faisant voyager dans des paysages sonores variés qui sont autant de théâtres dans la voix.
Guillemette Laurens :
disque audacieux ….Bravo ! Quelle belle ampleur de voix ,quel chemin parcouru …..tous mes compliments .

Jean Louis Gouraud :

Magnifique ! C’est formidable ! Il faut faire connaître ce travail à toute la gente équestre ; Il ne faut pas laisser ce petit bijou au fond d’un tiroir !

Yannick Guillou :

Heureux disque qui m’a en tout point “charmé”, comme aurait dit Marguerite Yourcenar. Tout y est de qualité, votre voix chaleureuse et votre interprétation très inspirée, au plus proche du texte, d’une parfaite lisibilité, puis le choix des mélodies – les délicieux Schubert sont un régal ! – et la grande cohésion que le programme maintient dans sa variété .

Brigitte François Sapey :

j’ai écouté avec intérêt et un grand plaisir ces Galops . Je leur souhaite de parcourir leur chemin au triple galop dans ce vaste monde.

Nikolaus Schapfl :

Chaque détail de ce volume 1 est bien choisi et exécuté avec délicatesse, goût et savoir-faire .


Anne Bramard Blagny :

j’ai adoré le video clip du “galop” !
Mais maintenant que j’ai eu l’agréable surprise et le grand bonheur de découvrir  les “Chevauchées Lyriques”, je n’arrive plus à me séparer du 18 : “Wilkommen und Abschied” ! Un vrai chef d’oeuvre. Bravo et merci pour le bonheur de cette musique partagée.