
Chevauchées Lyriques – Traductions
Frédérico ALAGNA : Cantu pi‘ n‘ cavaddu bravu Chant pour un cheval courageux
Cheval, beau cheval, écoute ce chant :
Cheval, ami fort, comme tu es brave !
Heure après heure, tu vas de l’avant
Mais cette terre noire te détruit .
Cheval courageux, tu es fatigué à présent .
Cheval, Couche toi sur l’herbe .
Mais ton patron ne te laisse pas t’arrêter !
Toujours à voix haute il te commande !
Ecoute ça, cheval :
Cheval, demain est jour de repos :
Remercions le Seigneur pour ce jour !
Assez travailler ! Assez ! Ferme les yeux .
Monte ; ne monte plus que vers le soleil !
Compagnon, recommande-moi à Dieu !
Doucement, doucement …
Robert SCHUMANN : Freisinn Esprit libre
Laissez-moi seulement faire mes preuves sur ma selle !
Restez dans vos huttes, dans vos tentes !
Et je chevaucherai joyeux au loin,
Avec au-dessus de ma tête seulement les étoiles.
Il a posé les étoiles devant vous
Comme guide sur terre et sur mer ;
Pour que vous vous réjouissiez
En les regardant dans le ciel.
Carl LOEWE : Erlkönig Le Roi des Aulnes
Qui galope si tard dans le vent et la nuit ?
Un père et son enfant.
Il l’étreint dans ses bras
Et le garde au chaud et le rassure.
« Mon fils pourquoi caches-tu ton visage effrayé ?
Père, tu ne vois pas le Roi des Aulnes ?
Le Roi des Aulnes, sa couronne et sa cour ?»
«Mon fils, c’est un banc de brouillard.»
« Viens, enfant aimable, viens avec moi,
Je jouerai de beaux jeux avec toi,
Les fleurs le long de la rivière sont si colorées…
Et ma mère a tant de robes d’or. »
«Mon père, n’entends-tu pas
Les promesses que le Roi des Aulnes me murmure ?»
«Came-toi mon fils bien aimé,
Dans les feuilles mortes bruit le vent. »
« Gentil garçon, veux-tu venir avec moi?
Mes filles prendront soin de toi ;
La nuit mes filles conduisent la ronde
Elles te berceront et danseront et chanteront. »
- Mon père, mon père, ne vois-tu pas là-bas
Les filles du roi des Aulnes en ce sombre lieu ? »
- Mon fils, mon fils, je le vois bien:
Ce sont les vieux saules, si gris. »
- Je t’aime, ta belle tournure m’attire;
Et si tu n’es pas consentant, j’emploierai la force. »
- Mon père, mon père, à présent il m’attrape!
Le roi des Aulnes m’a fait mal! »
Cela épouvante le père, il va au grand galop,
Il tient en ses bras l’enfant qui gémit,
Il arrive dans la cour avec peine et malheur :
Dans ses bras, l’enfant était mort.
Franz SCHUBERT : der Schäfer und der Reiter
Le berger et le Chevalier
Un berger était assis dans la verdure,
Sa bien aimée doucement entre ses bras .
Et les rayons de soleil passaient chaudement à travers les cimes de hêtres .
Joyeux et sereins, ils se calinaient amoureusement.
Par là, un cavalier armé passa à côté des bienheureux .
“Descend de cheval et recherche la fraicheur“ , l’interpella le berger,
“la torpeur de midi impose un repos silencieux.“
“Ici, la brillance du matin sourit à l’arbuste et à la fleur
Et ma bien-aimée cueille pour une couronne les plus belles fleurs pour toi“
Alors parla le sombre cavalier :
“Jamais la foret ni les champs me retiennent ;
Mon destin me pousse plus loin et aussi, hélas! mon serment solennel.
J’ai sacrifié ma jeunesse pour une vile solde,
Je ne peux point aspirer au bonheur mais seulement à la gloire et à l’or.
Ainsi, hate toi, mon cheval, et trotte le long des endroits où les fleurs fleurissent.
Un jour, le repos dans la tombe recomponsera les efforts du combattant.“
Franz SCHUBERT : Liebeslauschen Ecouter l’amour
Là, en bas, se tient un chevalier
Dans la pleine lumière de la lune,
Et il chante accompagné de sa cythare
Une chanson de douce peine.
“ Zephyrs, étalez vos ailes bleues,
Doucement, pour mon message ;
Appelez-là, avec un bercement léger,
A cette petite fenêtre !
Dite lui que sous la voute feuillue
Soupire un son bien connu
Dite lui que quelqu’un veille encore ;
Et que la nuit soit fraiche et enveloppante.
Dite lui comment le flot de la clarté de la lune
Se brise à sa fenêtre ;
Dite lui comment la fôret, la source
Parlent secrètement de l’amour.
Laisse iradier à travers les arbres
La lueur douce de ton image
Qui doucement se tisse dans mes rêves
Et dans mes veilles.“
Mais la mélodie tendre
N’arriva pas à l’oreille de la bien aimée ;
Le chanteur se hissa silencieusement
vers la fenêtre
Et, une fois là-haut le chevalier tira
Une petite couronne de sa poitrine
Et il la noua fermement à la rembarde
Et il soupira : “fleurissez voluptueusement !“
Et si elle demande qui vous a apporté
Alors, fleurs, annoncez-lui :
(une petite voix en bas rigolait)
“Ton chevalier Bouche-d’Amour !“
Franz SCHUBERT : Wilkommen und Abschied Bienvenue et adieu
Mon coeur battait ; vite, à cheval !
C‘était fait à peine pensé
Le soir bercait déjà la terre
Et la nuit s’accrochait dans les montagnes.
Déjà le chêne s‘habillait de brouillard
Comme un géant fait de plusieurs tours
Là où les ténèbres des buissons
regardaient avec cent yeux noirs.
La lune, hors d’un amoncellement de nuages,
Apparait avec dolence des vapeurs ;
Les vents battaient doucement des ailes
Qui pour mon oreille sont des boudonnements !
La nuit créait mille monstres
Mais mon courage était fraix et joyeux.
Dans mes veines quel feux !
Dans mon coeur quelle ardeur !
Je te voyais et la douce joie
Coula de ce regard si tendre vers moi ;
Mon coeur était entièrement à ton côté
Et chaque respiration était pour toi.
Un temps de printemps couleur de rose
Entourait le gracieux visage,
Et cette tendresse pour moi
Ô, dieux, je l’avais espéré,
Je ne le méritais pas !
Mais hélas avec l’aurore
L’adieu me serre le coeur :
Dans tes baisers, quel délice
Et dans tes yeux, quelle douleur !
Je partais, tu restais et regardais le sol
Et ton regard humide me suivait
Et pourtant, quel bonheur d’être aimé
Et aimer, dieux , quel bonheur !
Silvestre REVUELTAS : Cancion de Cuna
Berceuse
Endors-toi, mon oeillet, le cheval ne veut pas boire.
Endors-toi, mon rosier, le cheval se met à pleurer.
ROLLING STONES : Wild horses
Chevaux sauvages
Vivre en enfance c’est facile ;
Je t’ai acheté tout ce que tu désirais .
Dame sans merci, tu sais qui je suis,
Tu sais que je ne peux te laisser glisser entre mes mains.
Des chevaux sauvages ne parviendraient pas à m’arracher d’ici !
Je t’ai regardé souffrir d‘un lourd et douloureux chagrin
Maintenant tu as décidé de me faire subir la même chose
Aucune sortie décisive ni de tirade en coulisse
Ne pourrait me rendre amer ou faire que je te traite mal.
Des chevaux sauvages ne parviendraient pas à m’arracher d’ici !
Je sais que j’ai rêvé pour toi d’un péché et d’un mensonge,
Jai obtenu ma liberté mais je n’ai pas tant de temps ;
La foi fut brisée, des larmes doivent couler .
Vivons un peu : après, nous mourrons .
Des chevaux sauvages ne parviendraient pas à m’arracher d’ici .
